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À pareille date en 1895, était disputé le premier match de soccer féminin de l’histoire.

À pareille date en 1895, était disputé le premier match de soccer féminin de l’histoire. Sous la houlette de Nettie Honeyball, Londres du Nord s’est imposé 7-0 devant l’équipe du Sud-Est de la ville, à Crouch End. Cent vingt ans plus tard, à l’aube de la première Coupe du monde de soccer féminin organisée en sol canadien, le moment est bien choisi pour se pencher sur la petite histoire, de plus en plus grande, du soccer féminin québécois.

Sylvie Béliveau, première entraîneure de l’équipe nationale féminine en Coupe du monde, a vécu chacune des pages de cette histoire. En replongeant dans ses souvenirs, elle nous ramène à Toronto en 1978, alors que son équipe de Sherbrooke, déjà victorieuse de la Coupe du Québec, venait de remporter le Championnat de l’Est du Canada.

« Ce sont les gens qui remettaient les médailles qui nous ont appris que nous allions affronter les gagnantes de l’Ouest dans le cadre du premier Championnat canadien. Les joueuses et même mon entraîneure ne savaient pas qu’il y en aurait un », raconte Béliveau, qui avait alors 14 ans. Elle et ses coéquipières ont décroché le premier titre canadien en soccer féminin cette année-là. Elles répéteront l’exploit quelques années plus tard, en 1981.

« Dans ma tête de petite fille qui voulait aller encore plus loin, je me demandais quelle était la prochaine étape. Est-ce qu’on pouvait aller à un championnat mondial? À cette époque, la réponse était non. Il n’y avait pas de Coupe du monde, pas de Jeux olympiques. Même si notre sport était attirant et que nous y étions très engagées, il n’offrait aucun débouché, note Béliveau. C’est pourquoi, au début de l’histoire, nous avons perdu beaucoup de bonnes athlètes. Elles étaient recrutées par d’autres sports, au Canada, qui pouvaient leur offrir l’équipe nationale et les Jeux olympiques. »

Quatre ans après le premier Championnat canadien féminin senior, on assistera, en 1986, à la naissance de l’équipe nationale et de l’équipe du Québec. « En tant que joueuse, l’arrivée de la première équipe du Québec, dont Sylvie Béliveau était l’entraîneure, a été un moment marquant. Aujourd’hui, les jeunes ont l’opportunité de faire plusieurs équipes (U14, U15, U18…). Mais à ce moment-là, c’était la seule que nous avions chez les femmes alors on se battait toutes pour en faire partie », raconte Valmie Ouellet qui, en tant que joueuse, a participé au Championnat canadien en 1983 et en 1985 avec son équipe de Dorval.

En quelques années, le Canada avait donc emboité le pas à plusieurs nations qui, depuis les années 70, avaient déjà leur équipe nationale féminine. Aussi, les premiers Championnats canadiens avaient ouvert de nouvelles portes aux joueuses du Québec et des autres provinces. Par contre, l’impossibilité d’accéder à des sphères supérieures au niveau national limitait considérablement l’évolution du sport au Québec. Ce sont les avancées internationales du soccer féminin qui allaient par la suite servir de locomotive à son développement dans la province.

Du Québec au Canada, du Canada au monde

En 1988, l’événement test organisé par la FIFA mènera à la présentation de la première Coupe du monde féminine en 1991, en Chine. Les Canadiennes n’ont toutefois pas réussi à se qualifier. Elles feront leur entrée en Coupe du monde en 1995, en Suède. Les Québécoises Luce Mongrain, Annie Caron et Isabelle Morneau feront partie de la délégation canadienne qui, comme les autres équipes féminines présentes, évoluera dans le plus grand anonymat. Encore méconnu, le soccer féminin avait peu de moyens et souffrait de préjugés persistants auprès des gens du milieu.

« On était vu comme une dépense plus qu’autre chose. Pour diminuer les coûts de l’événement, les filles n’avaient qu’une journée de récupération entre les matchs, ce qui serait inacceptable aujourd’hui. C’était une époque où on pensait qu’elles ne pouvaient pas jouer des demies de 45 minutes et où on s’interrogeait sur leur capacité à jouer avec des ballons 5. C’était aussi une époque où plusieurs entraîneurs masculins refusaient de coacher des filles pour ne pas nuire à leur crédibilité », se souvient Béliveau, à qui on ne pouvait offrir mieux qu’un emploi à temps partiel, rémunéré en per diem, pour entraîner l’équipe nationale.

« Au début, les filles n’avaient même pas de brevet et jouaient sans aide financière. Elles portaient des maillots d’hommes, trop grands pour elles, qu’elles empruntaient et qu’elles rendaient après. Lorsqu’on a eu nos propres maillots, en 1995, c’est moi-même qui aie collé leur nom à l’endos avec le fer à repasser. On n’avait vraiment pas de moyens », dit Béliveau.

Même si leur sport évoluait dans l’obscurité et suscitait la perplexité de leurs pairs masculins, plusieurs joueuses de soccer québécoises se sont mises à rêver. Dans l’ombre du premier centre d’entraînement national au Québec, établi en 1989 au Centre Claude-Robillard, leurs aspirations ont grandi encore davantage avec l’intégration du soccer féminin au programme olympique en 1996. En 1999, la première Coupe du monde télédiffusée a été un événement décisif dans le rayonnement du soccer féminin.

« La télédiffusion des Coupes du monde a vraiment permis au soccer féminin de faire des bonds au Québec. Je me souviens qu’en 1999 l’Américaine Mia Hamm commençait à être connue de ce côté-ci de la frontière. Ça créait un intérêt chez les jeunes filles qui voulaient tout à coup jouer au soccer. Ensuite, après chaque Coupe du monde, on a assisté à une augmentation des inscriptions des filles qui est maintenant de 40% au Québec », note Ouellet, aujourd’hui entraîneure-cadre du club de soccer Pierrefonds.

« Du côté du centre national, chez les filles du AA ou du AAA, chaque Coupe du monde crée beaucoup d’engouement pour aller jouer à un niveau supérieur. Le phénomène sera encore plus grand lorsqu’elles auront davantage de modèles et qu’elles pourront y accéder plus facilement », poursuit-elle.

Les Coupes du monde qui ont suivi, en 2003, 2007 et 2011, ont permis de faire d’autres avancées, de gagner le respect et d’élargir les rangs des spectateurs. « À chaque édition, on a gagné quelque chose. Un petit détail qui, en bout de ligne, fait une différence. C’est pourquoi, à la Coupe du monde de 2015, on ne parlera plus d’équité, mais bien d’égalité avec les hommes », souligne Béliveau.

Les succès de l’équipe nationale ont aussi eu un impact important au Québec. Son ascension s’est amorcée à la Coupe du monde de 2003, où elle a terminé quatrième. Cette progression n’est pas étrangère à la participation des Canadiennes au Championnat du monde U19 en 2002. Plus tard, en 2008, le premier Championnat du monde U17 deviendra un autre vecteur de développement qui mènera à un moment phare du soccer féminin canadien.

« La médaille de bronze de l’équipe nationale aux Jeux olympiques de Londres en 2012 est le dernier événement culminant qui a marqué le soccer féminin tant au niveau canadien que québécois, indique Ouellet. Des voisins m’arrêtaient dans la rue pour me parler du match de demi-finale entre le Canada et les États-Unis. Toute la nation s’est mise derrière cette équipe et à s’y intéresser. »

Plusieurs jeunes Québécoises auront la chance de se rapprocher un peu de leurs grandes aspirations sportives à compter du début juin. Pour une rare occasion, elles pourront assister aux performances des meilleures joueuses au monde dont fait partie Christine Sinclair, mais aussi les Québécoises Rhian Wilkinson, Marie-Ève Nault et Josée Bélanger. Des modèles dont l’accessibilité est essentielle à la poursuite du développement du soccer féminin ne serait-ce que pour le message qu’elles propagent. Celui que les plus grands rêves des jeunes joueuses de soccer sont aujourd’hui atteignables.

Activité à surveiller prochainement

ARS Laval, le 27 mars : Dans le cadre du stage de recyclage régional, présentation d’un volet sur la communication psycho-sociale par un entraîneur pour des jeunes joueuses de 16 ans.